Combats de Hangard-en-Santerre

L'historique du 10 avril au 28 mai 1918

 

 
Après quelques jours de repos dans la région de Lisle-en-Barrois, le 41eme est embarqué en chemin de fer et transporté en Amiénois, où il débarque le 10 avril 1918.

Depuis le 27 mars 1918, les Allemands ont engagé une puissante offensive à l'est d'Amiens, refoulant devant eux la Veme armée anglaise. Ils ont atteint la ligne générale Montdidier - Mailly - Raineval - Castel - Hangard-en-Santerre - Villers-Bretonneux.

Leur poussée s'exerce encore avec vigueur.
Le 41eme va contribuer à endiguer le flot envahisseur. Le 16 avril 1918, il relève le 141eme R. I. sur le front Hangarden - Santerre (2eme bataillon), Hourges (3eme bataillon); le 1er bataillon est en réserve à Domart-sur-la-Luce, où se trouve également le P. C. du régiment.

Dès le 18, les Allemands recommencent leurs tentatives d'attaque. De fortes patrouilles nous tâtent. Elles sont dispersées par nos grenadiers et laissent des prisonniers entre nos mains.

Le 19, nouvelle attaque plus sérieuse sur le cimetière d'Hangard, accompagnée d'un violent bombardement. A la suite d'un combat corps à corps au cours duquel se signale le sous-lieutenant Sevin, l'ennemi laisse entre nos mains des tués et blessés, dont un officier.

Les 20 et 21, le bombardement ennemi se fait encore plus intense. Nos pertes sont élevées.

Le 22, le régiment, qui a perdu, depuis le 16, 23 tués et une soixantaine de blessés et n'a pu prendre un instant de repos, est relevé par le 7eme R. I. Toutefois, le 3eme bataillon reste en réserve du 7eme dans le ravin de la cote 99. Le reste du régiment est en réserve de division à Thésy et environs.
Mais les Allemands n'ont pas renoncé à leurs desseins. Leur but est de prendre Amiens.

Le 24 avril 1918, dès 7 heures, ils déclanchent une attaque générale entre la Somme et le bois Sénécat. Malgré une très vive résistance des Français et des Anglais, ils réussissent à faire quelques progrès. Le 7eme R. I. perd le cimetière et le village d'Hangard, ainsi que le boqueteau situé au nord de ce village.
L'ennemi commence à s'infiltrer sur le plateau de la cote 99, entre la gauche française et la droite anglaise.

Le 3eme bataillon du 41eme, en réserve dans le ravin à l'ouest de la cote 99, reçoit alors du commandant de l'I. D./131 l'ordre de contre-attaquer pour reprendre le village d'Hangard. L'opération
est rondement menée. Les tirailleurs allemands qui ont pris pied sur le plateau sont refoulés, mais tous les efforts pour enlever le village et le boqueteau au nord restent infructueux. Nos tirailleurs, cloués au sol par le feu des mitrailleuses ennemies, subissent de lourdes pertes.
A droite, le 1er bataillon arrive jusqu'aux premières maisons d'Hangard, où se livrent des combats corps à corps au cours desquels le capitaine Brunet, les sous-lieutenants Ardisson et Guyornard sont tués.

Les 3eme et 1er bataillons s'organisent le 25 sur le terrain conquis; le 2eme bataillon est mis à la disposition du colonel, et une nouvelle attaque, à laquelle doit participer tout le régiment, est décidée pour le 26 avril. En vue de cette opération, qui est fixée pour 5h15, le 3eme bataillon est relevé en première ligne par le 2eme.

Le 26 avril à 5h15, l'attaque est prononcée avec un entrain admirable. Mais la préparation d'artillerie n'a pas obtenu les résultats cherchés.
Les mitrailleuses ennemies installées à la lisière ouest du village et du boqueteau sont intactes. Les pertes sont immédiatement très sévères. Au 2eme bataillon, le commandant Thomas et le lieutenant Bergougnoux sont blessés, le capitaine d'Antin, le lieutenant de Pully sont tués; au ler bataillon, le capitaine Treint est blessé, la plupart des mitrailleurs et fusiliers-mitrailleurs sont mis hors de combat.
Malgré ces pertes, toute la journée, les 2eme et 1er bataillons saisissent toutes les occasions favorables pour progresser et continuent à s'approcher des lignes ennemies.
L'ennemi, de son côté, ne tente plus aucune progression.

Le 27 avril, il se contente de nous bombarder violemment. Le capitaine Ban, commandant le 3eme bataillon, est grièvement blessé.

Dans la nuit du 27 au 28, le régiment est relevé.

Du 15 au 28 avril 1918, il a perdu 210 tués, dont 8 officiers et 533 blessés, dont 15 officiers.

Se sont distingués au cours de ces combats :
Le commandant Thomas, les capitaines d'Antin, Treint, le lieutenant Le Bozec, les sous-lieutenants Casenave, Lenoble, Ardisson, Sévin, l'adjudant Legeay, le sergent-major Ramand, le sergent Guy et le soldat Beurel;
Les capitaines Ameline, Ban, Brunet, les lieutenants Guyomard, Gaulard, Bergougnoux, Randon de Pully, Robin, Ackermann, les sous-lieutenants Guillaudeux, Albinet, Morin, Auffray, Ducrocq, Fouché, Petit, le médecin aide-major Croizet, l'adjudant-chef Cardot, les caporaux Camelle, Santoni, Laizé, Clermont, Chastagner, les soldats Gicquel, Lemerdy, Potier, Marchand, Tanguy, Philippe, Le Blond, Le Ny.

Après un repos de trente jours à Songeons (Oise), au cours duquel il reçoit des renforts et se réorganise, le régiment est transporté, le 28 mai 1918, dans la région de Villers-Cotterêts.

Il débarque le 29 mai à Longpont.

 
 
 
extrait de l'historique sommaire du 41e 
HENRI CHARLES-LAVAUZELLE